Incendie Bassin : la nuit de tous les dangers
Andernos préservée de justesse, Biscarrosse toujours sous tension : le feu tient le Sud-Ouest en haleine, entre vents contraires et élan de solidarité.
Après trois jours de lutte intense sur le Bassin et les Landes, la baisse des températures, la hausse de l’humidité et l’arrivée massive de renforts français et européens redonnent enfin un peu d’air aux pompiers, sans pour autant garantir la fin du sinistre.

Après trois jours de lutte intense sur le Bassin et les Landes, la baisse des températures, la hausse de l’humidité et l’arrivée massive de renforts français et européens redonnent enfin un peu d’air aux pompiers, sans pour autant garantir la fin du sinistre.
Depuis le début du sinistre, le feu progressait porté par la chaleur, le vent et une végétation à bout de forces. Ce week-end marque un vrai tournant. Dans un point de situation, la préfète de Gironde confirme que la baisse des températures et la hausse de l’humidité rendent le feu moins virulent, permettant aux sapeurs-pompiers de reprendre l’offensive. Le sinistre n’est plus qualifié de convectif, même s’il reste dangereux. Le vent pourrait toutefois tourner en fin de journée, selon un axe ouest-est : la vigilance reste donc totale. Quelques heures de pluie pourraient arriver dans la soirée et la nuit de samedi à dimanche et de dimanche à lundi. Côté Landes, la pluie semble s’inviter aussi lundi. Prévision à confirmer dans les prochaines heures.

Même prudence côté Biscarosse, où la situation est jugée nettement plus favorable qu’il y a 24 heures autour de Biscarrosse. Le feu, qui a parcouru entre 3 400 et 3 500 hectares, n’est pas encore fixé, mais les secours concentrent désormais leurs efforts sur la zone périurbaine pour sécuriser les habitations. Un retour progressif des habitants est envisagé par vagues, dès que les conditions le permettront, mais rien n’est prévu pour l’instant. Pour le moment, on se satisfait des conditions climatiques plus favorables. Ces dernières ralentissent l’incendie, ce qui donne plus de temps aux pompiers de le contrôler.
Sur le terrain, les moyens s’intensifient. En Gironde, 750 sapeurs-pompiers sont mobilisés, appuyés par 18 moyens aériens : deux Canadair, deux avions DASH, trois hélicoptères bombardiers d’eau et onze Air Tractors. Le ministre de l’Intérieur a confirmé l’engagement d’un Airbus A400M de l’armée, capable de larguer jusqu’à 20 tonnes de produit retardant en une seule rotation. Les effectifs militaires doublent également, passant de 500 à 1 000 soldats en appui des pompiers.

La solidarité européenne s’ajoute à cet effort national. La Suède a envoyé deux hydravions Fireboss, capables de larguer 3 000 litres d’eau à chaque passage, attendus à la base aérienne de Mérignac. Le Portugal a dépêché deux Canadair supplémentaires, et la Croatie a également annoncé son soutien via le mécanisme européen de protection civile.
Le bilan humain reste, pour l’instant, encourageant : 54 sapeurs-pompiers ont été pris en charge après avoir été blessés, dont 9 évacués, tous en urgence relative. Aucune victime n’est à déplorer parmi les forces de secours. Le sinistre a désormais parcouru environ 32 700 hectares en Gironde, avec plus de 167 000 personnes évacuées depuis le début de la crise, et plus de 30 000 dans les Landes. Sur le terrain, agriculteurs, agents municipaux et bénévoles continuent eux aussi d’épauler les secours, entre pare-feux improvisés et accueil des évacués dans les gymnases et salles communales du Bassin. Face aux flammes, la France et la région se montrent unis pour mettre fin, au plus vite, cette situation et dans les meilleurs conditions.

Avec de tels moyens renforcés (3 fois plus qu’en 2022), solidarité internationale et météo plus clémente, les prochaines heures s’annoncent décisives pour le Bassin comme pour les Landes. Rien n’est encore acquis, la vigilance reste maximale, mais après plusieurs jours d’angoisse, l’espoir, cette fois, semble enfin permis pour les habitants et les secours.
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